Six heures du matin, à Ribaute-les-Tavernes (Gard). Sur un terrain de quatre hectares, des ouvriers agricoles sélectionnent les sarments qui serviront à la multiplication des plants de vigne dans la pépinière d’Anthony Bafoil. D’habitude, ce sont des Bulgares qui y travaillent. Mais cette année, la fermeture des frontières pour enrayer la propagation du Covid-19 prive la France de ses travailleurs étrangers. Alors le pépiniériste a dû s’adapter.

Alors que la période de récolte des fruits et légumes bat son plein, le déconfinement progressif depuis le 11 mai en France n’autorise pas encore la réouverture des frontières. Pour semer, planter, cueillir, emballer, et livrer, des exploitants agricoles ont recours à une main-d’œuvre atypique, avec l’aide d’une plate-forme Internet et de réseaux d’entraide locaux.

Juliette, 27 ans, est surveillante au lycée Jacques-Prévert de Saint-Christol-lez-Alès (Gard). Elle s’est retrouvée sans activité dès le début du confinement. Depuis un mois, elle travaille dans une pépinière. Elle raconte : « Le début du confinement a été très dur. Ici, au moins, je vois du monde, je fais des activités variées et je gagne un salaire. Je me suis vite habituée à ce travail. A l’internat du lycée, je me levais déjà très tôt le matin. On apprend les gestes facilement. Et comme ma salle de sport a fermé, je fais mon sport ici, avec le bronzage agricole en prime ! »

Juliette, à Ribaute-les-Tavernes (Gard), le 13 mai 2020.
Juliette, à Ribaute-les-Tavernes (Gard), le 13 mai 2020. SANDRA MEHL POUR « LE MONDE »

Fabien, 33 ans, est guide accompagnateur pour des « voyages d’aventure ». Rapatrié en France le 17 mars, il s’est confiné chez lui à Saint-Martin-de-Valgalgues (Gard). Il travaille dans une pépinière depuis un mois, les réservations enregistrées par son agence touristique étant à l’arrêt au moins jusqu’à la mi-août.

« Avant le confinement, je voyageais beaucoup pour mon travail. J’étais au Salvador avec un groupe de touristes anglophones quand la crise a éclaté. Alors quand j’ai dû rentrer, j’étais effondré que tout s’arrête. Mais j’ai vite pensé qu’il fallait se réinventer ! Dans la vie, il faut savoir évoluer avec les circonstances, ne pas stagner, garder la dynamique. Ma sœur travaille à la chambre d’agriculture, donc j’ai rapidement trouvé ce travail. Et puis, je me sens proche de la nature, alors travailler dehors, même si c’est dur de rester penché toute la journée, ça me plaît. »

Fabien, à Ribaute-les-Tavernes (Gard), le 13 mai 2020.
Fabien, à Ribaute-les-Tavernes (Gard), le 13 mai 2020. SANDRA MEHL POUR « LE MONDE »

Coraline travaille dans l’hôtellerie. Depuis la deuxième semaine du confinement, elle est préparatrice de commandes à La Cabane, un lieu de production et de vente de fruits et de légumes à Mauguio (Hérault). Un service de livraison à domicile a été développé pour répondre aux difficultés de mobilité liées à la crise sanitaire : 150 colis sont ainsi confectionnés chaque jour, grâce à quatre préparateurs et trois livreurs spécifiquement recrutés pour l’occasion.

Coraline, à Mauguio (Hérault), le 7 mai 2020.
Coraline, à Mauguio (Hérault), le 7 mai 2020. SANDRA MEHL POUR « LE MONDE »

Gerry, 28 ans, est plombier. Depuis le début du confinement, les chantiers ont été reportés, et les appels pour dépannage de particuliers se sont raréfiés. Il est devenu livreur de commandes à Mauguio (Hérault). « Tout a été stoppé… ça a changé du tout au tout. Mais moi, je n’aime pas rester sans rien faire, et comme je connais le fils du patron, j’ai commencé ce travail. »

Gerry, Mauguio (Hérault), le 7 mai.
Gerry, Mauguio (Hérault), le 7 mai. SANDRA MEHL POUR « LE MONDE »

Isabelle, 32 ans, est artiste de cirque en temps normal, actuellement ouvrière agricole dans une pépinière. Intermittente du spectacle, elle devait partir au Bahreïn et en Belgique en mars. Ces dates, ainsi que toutes celles qui étaient prévues jusqu’en décembre, ont été annulées. « Comme tous mes spectacles ont été reportés ou annulés jusqu’en décembre, je viens travailler dans les champs à côté de chez moi ! »

Isabelle, à Ribaute-les-Tavernes (Gard), le 13 mai 2020.
Isabelle, à Ribaute-les-Tavernes (Gard), le 13 mai 2020. SANDRA MEHL POUR « LE MONDE »

Cléa, 24 ans, est animatrice dans des clubs hôtels FRAM. Elle se trouvait à Cuba au moment où la crise sanitaire du Covid-19 s’est déclenchée. Rapatriée le 23 mars, elle s’est confinée chez elle à Martignargues. Depuis mi-avril, elle travaille dans une pépinière.

Cléa, à Ribaute-les-Tavernes (Gard), le 13 mai 2020.
Cléa, à Ribaute-les-Tavernes (Gard), le 13 mai 2020. SANDRA MEHL POUR « LE MONDE »

Marielle, 18 ans, est étudiante en première année de licence en sciences sociales à Lyon. Depuis la deuxième semaine du confinement, elle est préparatrice de commandes.

« Comme les cours se sont arrêtés, je suis partie de Lyon pour me confiner avec la famille de mon copain dans le sud de la France, à Lavérune. C’est sa mère qui m’a parlé de ce travail. J’avais besoin d’argent, et j’avais peur qu’on se retrouve tous trop serrés à la maison. Donc je l’ai accepté, en suivant des cours par correspondance en même temps. En plus, ce job a été un terrain d’enquête en anthropologie pour un dossier à rendre dans le cadre de ma licence. »

Marielle, à Mauguio (Hérault), le 7 mai 2020.
Marielle, à Mauguio (Hérault), le 7 mai 2020. SANDRA MEHL POUR « LE MONDE »

Valentin, 18 ans, est étudiant en première année de licence de design et arts appliqués à Langogne (Lozère). Depuis la deuxième semaine du confinement, il est revenu habiter chez sa famille à Lavérune, près de Montpellier, et occupe un travail de livreur de commandes. Fanny, 22 ans, est étudiante en troisième année de médecine. Depuis la deuxième semaine du confinement, elle est préparatrice de commandes.

Valentin et Juliette, à Mauguio (Hérault), le 7 mai 2020.
Valentin et Juliette, à Mauguio (Hérault), le 7 mai 2020. SANDRA MEHL POUR « LE MONDE »



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