Le secrétaire général d’Interpol, Jürgen Stock, appelle la population à être vigilante, comme les cybercriminels tirent parti de l’utilisation accrue d’Internet pendant le confinement et du climat de peur que fait régner la pandémie. Une interview de notre partenaire, Euroefe.

Comment le crime a-t-il évolué depuis le début de la pandémie ?

La pandémie du COVID-19 est bien évidemment un problème sanitaire mondial très sérieux, mais il apparaît très clairement qu’elle joue un rôle significatif sur le crime dans tous les pays touchés.

Les criminels tirent parti des conséquences de la crise : ils exploitent les peurs et les inquiétudes des gens. Nous observons par exemple des blocages de l’approvisionnement en matériel de protection.

De manière générale, nous notons de nouvelles formes d’escroquerie. Les traditionnelles sollicitations téléphoniques font désormais place à des appels de prétendus administrateurs d’hôpitaux ou de cliniques, qui affirment que leurs proches sont tombés malades et demandent de l’argent pour les soigner.

S’agit-il de groupes criminels existants ?

Il s’agit essentiellement d’organisations criminelles qui opéraient déjà avant la pandémie, et qui essayent désormais de tirer parti de la situation. Mais nous voyons aussi de nouveaux venus « sauter sur l’occasion ».

Bien évidemment, les mesures de confinement prises par la plupart des pays affectés ont fait baisser le taux de cambriolages et de vols à la tire. Nous observons cependant un nombre croissant de criminels qui tentent d’escroquer les citoyens en sonnant aux portes pour proposer des produits contrefaits ou tout autre faux service.

La cybercriminalité est-elle aussi au bord de la pandémie, ou certains pays sont-ils plus touchés que d’autres ?

Tout dépend du développement technologique du pays concerné, mais personne n’est épargné, parce qu’aujourd’hui, tous les États du monde sont plus ou moins connectés à Internet.

L’Afrique est notamment très bien équipée en téléphones pour réaliser des opérations bancaires frauduleuses.

La menace est donc bien mondiale. Ce genre de crime est, par sa nature, sans frontières. Et nous observons clairement un passage de l’environnement physique au numérique dans le monde criminel.

La cybercriminalité pose actuellement un problème majeur aux forces de l’ordre partout dans le monde, comme les criminels opèrent au niveau global. La coopération policière internationale doit se poursuivre et être une priorité.

Quelles sont les priorités des agences comme Interpol pendant la crise ?

Nous aidons les pays membres de l’organisation à surveiller l’évolution de la menace au niveau mondial. Nous soutenons certaines opérations internationales encore en cours. Selon moi, il est rassurant de savoir que nous n’avons bien entendu pas suspendu nos activités.

Et évidemment, nous fournissons aussi une assistance technique aux pays membres. Nous les aidons à fixer les bonnes priorités — et la lutte contre le crime international reste sans conteste l’une des principales priorités de nos 194 membres.

Le besoin urgent en matériel médical met les chaînes d’approvisionnement du monde entier sous pression. Et les officiers de police doivent aussi se protéger au quotidien s’ils entrent en contact avec la population.

Nous voulons envoyer un message clair au public : restez vigilants et sceptiques. Sécurisez vos ordinateurs et assurez-vous que votre système d’exploitation est à jour. Les hôpitaux ne sont pas non plus à l’abri des attaques par logiciel rançonneur. Assurez-vous de sauvegarder vos données sur un support externe.

Gardez aussi un œil sur vos enfants, qui passent désormais plus de temps sur Internet. Nous savons que des criminels tentent de s’en prendre à eux. L’exploitation sexuelle des enfants est un crime atroce et impitoyable, plus fréquent en cette période.

La crise nous a-t-elle appris quelque chose sur la fragilité du système ?

Actuellement, les activités criminelles se déroulent pour la plupart à l’international. Le grand banditisme ne se limite plus aux frontières, mais a lieu sur des continents entiers.

Cette menace globale nécessite une coopération entre États. C’est là qu’intervient Interpol, pour déceler les tendances criminelles qui pourraient se manifester aujourd’hui en Asie et demain en Europe.

À combien estimez-vous le coût des répercussions économiques entraînées par ces crimes ?

Les dommages pécuniaires sont très lourds. Les industries du crime organisé, qui opèrent partout dans le monde, pèsent des milliards de dollars.

Les opportunités de blanchiment d’argent sont nombreuses. Comme davantage de policiers patrouillent dans la rue, les criminels se sont tournés vers le virtuel. Nous constations une hausse significative de la cybercriminalité et, avec elle, une augmentation des pertes économiques.

Certains pays, comme l’Espagne, l’Italie ou la Chine, mettent en place des systèmes de géolocalisation des citoyens pour surveiller l’évolution du virus. Ne craignez-vous pas les dérives autoritaires de ce genre de pratiques ?

Les nouvelles technologies ne représentent pas un atout que pour les criminels. Les forces de l’ordre peuvent aussi se servir de cet outil pour lutter contre le crime, surtout au niveau international. Mais l’usage qu’elles en font dépend du droit national et non d’Interpol.

Pensez-vous aussi que le monde ne sera plus jamais le même après la pandémie ?

J’espère que la crise renforcera la coopération internationale, surtout en matière de services policiers.

C’est la raison pour laquelle Interpol existe depuis presque 100 ans : les agents de police ne peuvent mettre fin aux crimes de façon isolée. Je pense que la crise du COVID-19 prouve que ce genre de coopération à l’échelle mondiale est absolument nécessaire.



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